Plusieurs études récentes ont démontré un lien possible entre la perte auditive et le déclin cognitif. Parmi les facteurs de déclin cognitif, la perte auditive est un facteur qualifié de « contrôlable ». En prenant en charge sa perte auditive, il est donc possible de potentiellement limiter les risques de déclin cognitif.
⚠️ Mais attention ! Il ne faut pas penser que perte auditive rime systématiquement avec un déclin cognitif. Les recherches n’ont pas démontré de lien de cause à effet direct entre la perte auditive et le déclin cognitif. C’est un risque, et non une conséquence inévitable.
Sur cette page, vous trouverez une foule d’informations pour mieux comprendre les facteurs de déclin cognitif, de perte auditive, la relation qui existe entre les deux et les actions pouvant favoriser une meilleure santé auditive ET cognitive. Nous apporterons également des nuances à ce sujet qui suscite beaucoup de questionnements et d’intérêt, autant auprès des chercheurs que du grand public.
Facteurs de déclin cognitif
Selon la Société d’Alzheimer du Canada, il existe 16 facteurs identifiés qui accentuent les risques de déclin cognitif. Sur tous ces facteurs, 13 d’entre eux sont des facteurs dits « contrôlables », ce qui signifie qu’une personne peut prendre action sur ces facteurs pour favoriser une bonne santé cognitive en modifiant ses habitudes de vie. D’autres facteurs sont dits « non contrôlables », puisqu’ils ne peuvent pas être modifiés.
Facteurs modifiables
- Hypertension artérielle
- Tabagisme
- Diabète de type 2
- Obésité
- Sédentarité physique
- Mauvaise nutrition
- Consommation excessive d’alcool
- Manque d’activités cognitives
- Dépression
- Lésions cérébrales traumatiques (traumatisme crâniocérébral)
- Perte auditive
- Isolement social
- Pollution de l’air
Facteurs non modifiables
- Génétique
- Âge
- Sexe
Pour plus de détails sur les facteurs de risques, consultez le site de la Société d’Alzheimer du Canada.
Facteurs de risque de perte auditive
Plusieurs facteurs peuvent mener à une perte auditive. Tout comme le déclin cognitif, le risque peut être réduit avec de bonnes habitudes de vie qui permettent de contrôler certains facteurs. Dans d’autres cas, la perte auditive ne peut malheureusement pas être prévenue.
- Exposition au bruit
- Accident/Traumatisme (déchirure de la membrane cochléaire, blessure physique ou psychique)
- Maladie (virale, bactérienne, dysfonctionnement du système immunitaire)
- Opération
- Médicaments ototoxiques
- Neurologique (affecte les nerfs, la moelle épinière, le cerveau ou le cervelet, et le tronc cérébral)
- Tumeur
- Âge
- Hérédité
Pour plus de détails sur les causes et maladies pouvant mener à une perte auditive, nous vous invitons à consulter la page dédiée à ce sujet sur notre site web.
Quand la perte auditive peut-elle devenir un facteur de risque de déclin cognitif ?

Il est important de se rappeler que les études n’ont pas démontré de causalité directe d’une perte auditive sur le déclin cognitif. Il existe cependant une relation entre santé auditive et cognitive. Plusieurs hypothèses permettent d’expliquer cette relation, notamment l’augmentation de l’effort d’écoute, la diminution de la stimulation cognitive et l’isolement social. Il faut aussi comprendre qu’une perte auditive, surtout non traitée, peut avoir des conséquences sur plusieurs sphères de la vie et de la santé, ayant ainsi un impact possible sur la santé cognitive, mais aussi sur d’autres facteurs de déclin cognitif, comme l’isolement social, par exemple.
Perte auditive non traitée
L’ouïe est le sens privilégié de la communication. Lorsque celui-ci tend à diminuer, il influence non seulement la vie sociale, mais aussi le divertissement et la santé générale. Dans certains cas, une perte auditive non traitée peut même être confondue avec des troubles cognitifs, parce que la personne n’a pas bien compris l’information ou ne l’a tout simplement pas entendue, laissant croire que la mémoire fait défaut. Une perte auditive peut avoir des conséquences sur plusieurs sphères de la vie et de la santé d’une personne et peut notamment être associé à :
- l’isolement social
- la dépression
- de la frustration/colère
- de la fatigue mentale
- du stress/de l’anxiété
- des risques de chute accrus
- une augmentation du risque de déclin cognitif
Déclin cognitif : condition multifactorielle
Le déclin cognitif ne se développe généralement pas lorsqu’un seul facteur de risque est présent. Habituellement, c’est la combinaison de plusieurs facteurs qui font en sorte que la santé cognitive est affectée. Ainsi, lorsqu’une perte auditive est non traitée, elle peut avoir une incidence sur d’autres facteurs de déclin cognitif, augmentant ainsi les risques de déclin cognitif. Il est donc important de prendre soin de ses oreilles sans attendre.
Agir pour favoriser sa santé auditive ET cognitive
Plusieurs actions peuvent être prises au quotidien pour favoriser une meilleure santé auditive et cognitive, et ce, même si une perte auditive est déjà présente. Ce n’est pas parce qu’on a déjà une baisse d’audition qu’il faut arrêter de prendre soin de ses oreilles, au contraire! Certaines actions peuvent certainement être prises en amont, pour prévenir la perte auditive ou le déclin cognitif, mais il est aussi possible d’agir afin de maintenir sa santé auditive et cognitive.
Prévention et prise en charge
Que ce soit au niveau auditif ou cognitif, il est possible d’agir sur les facteurs « contrôlables » afin de diminuer les risques de perte auditive ou de déclin cognitif. Voici quelques exemples :
- Limiter son exposition au bruit en temps (durée) et en intensité (niveau sonore/décibels)
- Il est possible de porter des coquilles antibruit lors de la pratique d’activités bruyantes (tondeuse, souffleur à feuille, etc.), mais aussi, de prendre des pauses pour permettre aux oreilles de se reposer (comme pour nos yeux qui se ferment la nuit pour se reposer)
- Favoriser une bonne nutrition
- Une bonne nutrition a des bienfaits dans toutes les sphères de la santé, que ce soit pour l’audition, la cognition ou la santé générale
- Demeurer actif socialement, physiquement et mentalement
- L’humain est un être social qui a besoin de s’entourer au quotidien. Participez à des activités communautaires de groupes, en famille ou entre amis pour demeurer actifs! Que ce soit de jouer aux cartes, de faire de la randonnée ou même juste de discuter, il n’y a pas de mauvaise formule
- Adopter des solutions pour favoriser le contrôle du stress et de l’anxiété
- Certaines activités, comme le yoga ou des exercices de respiration peuvent aider à contrôler le stress et l’anxiété, mais n’hésitez pas, au besoin, à consulter des professionnels afin de développer des outils adaptés à votre situation pour vous aider davantage
- Faites évaluer/traiter votre audition
- Si des signes de perte auditive se présentent, n’attendez pas pour consulter un professionnel de l’audition! Une prise en charge rapide favorise votre santé et votre vie sociale. Une fois votre audition évaluée, les professionnels pourront vous diriger vers les meilleures solutions pour pallier votre perte auditive (appareillage, implantation, stratégies de communication, lecture labiale, etc.)
- Certaines études suggèrent que la prise en charge de la perte auditive (ex. : aides auditives) pourrait contribuer à réduire certains risques liés au déclin cognitif, bien que les connaissances à ce sujet soient encore en évolution
Brisez l’isolement
- Ce point a été abordé plus haut, mais nous le répétons, il est essentiel de rester actif socialement et de ne pas s’isoler. Bien que l’adaptation à une perte auditive ne soit pas toujours évidente, il est nécessaire d’aller chercher des outils pour ne pas s’isoler et continuer de profiter pleinement du quotidien, en toute autonomie. Des solutions existent pour briser l’isolement, que ce soit avec vos proches ou avec des organismes communautaires qui ont des programmes adaptés, comme notre programme Entendre Autrement.
« Si les aides auditives vous aident à entendre plus facilement, cela signifie que votre cerveau n’aura probablement pas à travailler aussi fort. Cela pourrait libérer votre cerveau pour faire autre chose. C’est un message simple et clair : mieux entendre peut vous aider à mieux vivre. »
– Traduction libre de Kevin Munro, professeur d’audiologie à l’Université de Manchester, dans The link between adult-onset hearing loss and dementia (2024), « British Society of Audiology »
En savoir plus sur le sujet
À l’occasion de la Journée nationale de l’audition du Québec, deux panels sont prévus le 5 mai prochain pour démystifier la perte auditive et le déclin cognitif, mais aussi l’accompagnement possible à travers ces deux conditions lorsqu’elles s’entrecroisent.
Merci aux expertes qui ont contribué au développement de cette page!
- Rima Kitouni, M.P.A., Audiologiste, Chargée d’enseignement de clinique et de cours, Clinique Universitaire en Orthophonie et Audiologie, École d’orthophonie et d’audiologie, Université de Montréal
- Kyla Munoz Galarza, M.Sc.S., Audiologiste & Doctorante en sciences de l’orthophonie et de l’audiologie à l’Université de Montréal et au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM)
- Claudy Bourgeois, M.P.A., Audiologiste, Gestionnaire de recherche au laboratoire en audition et vieillissement, CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Centre de recherche de l’IUGM
Merci aux partenaires de la Journée nationale de l’audition du Québec 2026!
















