
Par Liza Parent
Il y a près de 5 ans, j’étais enceinte de mon premier enfant. Une petite fille qu’on a appelée Rosalie. J’étais pleine d’incertitudes face à la parentalité en ayant une surdité. Avec mon implant cochléaire, je suis fonctionnelle, mais lorsque je l’enlève, je suis sourde profonde bilatérale. Et la nuit, je l’enlève. Je me suis questionnée longuement sur les options et les aides techniques qui s’offraient à moi et j’ai alors écrit ce premier article: Être parent malentendant et dormir sur ses deux oreilles.
Cinq années ont passé depuis cet article. Je suis maintenant séparée et mère seule de deux jeunes enfants: Rosalie qui a 4 ans et demi et Édouard qui a 3 ans. Mon petit dernier avait 9 mois lorsque je me suis retrouvée seule la nuit avec eux. Ça a été toute une adaptation! J’ai donc eu envie de partager mes trucs et astuces sur les nuits vécues en tant que parent sourd ou malentendant.
Bien franchement, au début j’ai trouvé ça pénible. Lorsque j’étais en couple, le papa se réveillait la nuit ou il me réveillait au besoin. Je n’utilisais donc pas le détecteur de son et son module vibratoire qu’on place normalement sous le lit. Il y a également des signaux lumineux lorsque le détecteur capte un son. Quand j’ai dû commencer à l’utiliser seule, avec un bébé qui se réveillait parfois plusieurs fois par nuit, l’expérience a été… violente, faute de mot plus juste. Mon lit pouvait vibrer jusqu’à une vingtaine de fois par nuit. Pareil pour les flashs de lumières, on se croyait dans une disco. Même de simples gémissements déclenchaient le système, me réveillant en sursaut. Les nuits où les enfants étaient chez leur père, je pouvais dormir jusqu’à quatorze heures, tant mon système nerveux était épuisé.
Après quelques semaines à expérimenter ce module, j’ai demandé de l’aide à mon centre de réadaptation, qui m’a mise en contact avec une audiologiste. Avec elle et un technicien, nous avons fait plusieurs ajustements. Par exemple, placer le module vibratoire sous le matelas plutôt que sous l’oreiller, comme je le faisais par peur de ne pas sentir les vibrations. Ça explique pourquoi les réveils étaient si violents! Je me suis aussi procurée un deuxième détecteur de son. Édouard dormait dans ma chambre et Rosalie dormait dans la sienne, un seul détecteur n’était pas suffisant pour couvrir les deux pièces. Nous avons fait des ajustements à la baisse sur la roulette de sensibilité des détecteurs. Enfin, le système ne réagissait plus au moindre bruit!
Rosalie, qui avait 2 ans et demi à ce moment-là, a appris rapidement à venir me rejoindre dans la nuit. Je dormais toujours avec la lumière de mon garde-robe allumée: ça me permettait de voir Édouard bouger et de lire sur les lèvres de Rosalie durant la nuit. J’ai aussi fini par coller la bassinette d’Édouard sur mon lit et je me couchais près de lui. Il a appris à passer sa main à travers les barreaux et à me tapoter pour attirer mon attention.
Aujourd’hui, nous nous sommes bien adaptés. Rosalie emmène sa veilleuse et la met sous sa bouche pour me parler durant la nuit, afin que je puisse lire sur ses lèvres. Édouard prend ma main et la dirige selon ce dont il a besoin : Il met ma main sur sa bouche pour que je sente qu’il n’a pas sa suce ou il la met sur son ventre pour que je le rassure. Les deux ont trouvé des moyens pour communiquer avec moi, même dans le noir, même dans le silence.
Outre les ajustements humains, certaines aides techniques ont été (et sont encore) indispensables pour sécuriser nos nuits. Mes recherches récentes m’ont aussi permis de découvrir de nouvelles options que je souhaite vous présenter.
Le détecteur de son
Le détecteur de son est généralement relié au même module que les autres aides de contrôle de l’environnement. Il ne s’agit pas d’un détecteur de pleurs de bébé à proprement parler : il capte plutôt tous les sons d’une certaine fréquence. Un rire trop fort, la balayeuse, un objet qui tombe ou même la musique douce des enfants peuvent donc déclencher le système.
Il est essentiel d’apprendre à le connaître pour pouvoir le placer stratégiquement dans la pièce et ajuster adéquatement la sensibilité.
Un seul détecteur est couvert par la RAMQ, mais il est possible d’en acheter un deuxième et de le connecter au même module que le premier, ce qui peut être très utile lorsque les enfants dorment dans des chambres différentes.
Le moniteur de bébé avec caméra
Un essentiel pour moi. Le moniteur avec caméra me donne une vue directe sur la chambre des enfants, ce qui me permet de les surveiller et de les voir bouger, même sans entendre. Je l’utilise également lorsqu’ils jouent ensemble dans leur chambre : si je suis dans une autre pièce, j’ai de la difficulté à les entendre, et la caméra me permet de garder un œil sur eux en tout temps.
Il existe plusieurs modèles sur le marché, disponibles notamment sur Amazon ou dans les boutiques ou rayons spécialisés en produits pour bébé.
Les moniteurs vibrants (que je n’ai pas testés)
Dans mon premier article, je mentionnais la montre vibrante Summer Infant Babble Band. Malheureusement, ce produit n’est plus disponible au Québec. J’ai toutefois repéré sur Amazon plusieurs moniteurs vibrants intéressants, portatifs et activés par le son. En voici quelques exemples :
- Dr. Care Neo – Moniteur audio pour bébé¹
Ce moniteur se distingue par son format compact et sa pince permettant de le fixer à la ceinture. Il offre également des berceuses et une veilleuse sur le récepteur. Son prix abordable en fait une option intéressante.
Prix approximatif: 40 $
- VTech DM271-102 – Moniteur audio pour bébé²
Un aspect particulièrement intéressant de ce modèle est sa compatibilité avec les capteurs de portes et fenêtres VTech. Le récepteur vibrant peut se clipper à la ceinture et comprend aussi un projecteur d’étoiles ainsi que des berceuses.
Prix approximatif : 105 $.
- VTech DM221 – Moniteur audio pour bébé³
Ce moniteur offre un indicateur visuel de volume à cinq niveaux, ce qui permet de voir l’intensité des sons détectés. Il est muni d’une pince à la ceinture et possède une autonomie d’environ 18 heures.
Prix approximatif : 80 $.
Au final, chaque famille est différente. Il n’y a pas de solution unique et les besoins évoluent avec le temps. Avec les bons outils, de l’essai-erreur et beaucoup d’adaptation, il est possible de vivre des nuits où chacun se sent en sécurité, même lorsqu’on est parent sourd ou malentendant.
NOTE DE LA RÉDACTION : Audition Québec recommande l’accompagnement d’un professionnel de la santé auditive dans le choix des aides techniques.
INFORMATION COMPLÉMENTAIRE :
La parentalité et la surdité : un témoignage
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