Hyperacousie et sensibilité au bruit : deux réalités, deux cerveaux différents?

On mélange souvent l’hyperacousie et la sensibilité au bruit, comme si c’était la même chose. Mais dans les faits, ça ne se vit pas pareil. L’hyperacousie, c’est une perception amplifiée du volume des sons du quotidien : tout semble plus fort que ça ne devrait. La sensibilité au bruit, c’est plutôt une difficulté à tolérer les environnements bruyants (centre commercial, restaurant), et à s’y sentir vite submergé même quand le son n’est pas si fort. Ces deux vécus pourraient venir d’un fonctionnement différent du cerveau : c’est ce qu’on cherche à démontrer.

Qu’est-ce que notre cerveau fait avec le bruit ?

Chaque jour, notre cerveau reçoit une quantité énorme de sons et doit décider lesquels sont importants. Ce tri automatique s’appelle le « gating sensoriel » : il permet, par exemple, de moins réagir au tic-tac d’une horloge qu’on connaît déjà. Chez certaines personnes, ce mécanisme de protection semble moins efficace, ce qui pourrait expliquer pourquoi les sons deviennent difficiles, voire douloureux, à supporter.

Ce qu’on cherche à comprendre

On compare le cerveau de trois groupes d’adultes qui entendent tous normalement : des personnes avec de l’hyperacousie, des personnes très sensibles au bruit, et des personnes peu sensibles au bruit. À l’aide d’un EEG, on regarde comment le cerveau réagit à des sons répétés, pour voir comment il filtre l’information chez chacun de ces groupes.

Notre hypothèse, c’est que ce mécanisme de gating sensoriel serait déficient chez les personnes avec hyperacousie, mais pas chez celles qui sont seulement sensibles au bruit : donc deux mécanismes cérébraux différents en jeu. Si on le démontre, ça pourrait un jour changer la façon dont on évalue et accompagne ces personnes en clinique, avec une approche pensée pour chaque réalité plutôt qu’une seule solution pour tout le monde.

On continue le recrutement !

On cherche des adultes qui entendent normalement ou presque, et qui se reconnaissent dans l’un de ces profils : hyperacousie, grande sensibilité au bruit, ou très peu sensible au bruit. C’est notre équipe qui évalue l’admissibilité et le groupe.

La participation, ça implique une évaluation de l’audition et un enregistrement de l’activité cérébrale (EEG) : on porte un casque avec des petites électrodes déposées sur la tête, dans une ambiance calme et sans douleur.

Le projet est mené par Charlotte Bigras, audiologiste et chercheuse, au Laboratoire de la cognition, de l’audition et de la temporalité de Victoria Duda, professeure adjointe à l’Université de Montréal et affiliée au Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain (CRIR), en collaboration avec Sylvie Hébert, professeure titulaire à l’Université de Montréal.

Pour participer ou en savoir plus, communiquez avec l’équipe chargée du projet!

Participer ou en savoir plus

 

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