Le Dr Cliff Olson, audiologiste, propriétaire d’une clinique en Arizona et hyperactif sur YouTube (où il parle, à mon avis, aussi vite que l’humoriste Louis-José Houde!), a présenté en janvier 2026 sa sélection des meilleures fonctionnalités d’aides auditives. Il affirme ne pas être payé par les fabricants et base son choix sur son expérience clinique et ses tests.
Si vous désirez voir l’intégralité de sa vidéo, c’est ici :
https://www.youtube.com/watch?v=ZLHoA9AVBeE
En prime, l’audioprothésiste Amélie Smith a gentiment accepté de valider les points énumérés; nous avons ajouté ses commentaires à deux endroits précis.
Gardez en tête que, malgré ce résumé, vous aurez besoin des conseils d’un professionnel de l’audition et dans ce cas-ci, d’un audioprothésiste. Notez de plus que les fonctions dont il est question ne sont pas nécessairement encore toutes accessibles au Québec.
1 – Compatibilité avec le nouveau protocole Auracast
Nous avons déjà parlé d’Auracast dans nos éditions précédentes (voir l’article ici). Résumé très brièvement, c’est une nouvelle technologie permettant de diffuser directement le son des lieux publics (cinémas, églises, bars sportifs, etc.) vers les appareils auditifs. Un peu comme lorsque vous vous connectez sur le wifi d’un lieu public, vos appareils pourront se brancher facilement sur l’émetteur Auracast. Mais encore faut-il que le lieu public soit équipé correctement. Cela va prendre encore quelques années au Québec, mais si vous avez l’option de vous procurer un appareil déjà compatible, c’est un bon choix!
2 – Possibilité de programmer les appareils à distance
De plus en plus d’appareils vont offrir la possibilité d’effectuer des ajustements de programmation à distance avec un professionnel de l’audition via une application, sans se déplacer en clinique, sauf pour l’ajustement initial. Est-ce le cas pour ceux qu’on vous propose?
Précision apportée par Amélie Smith, audioprothésiste : cette possibilité existe dans beaucoup de prothèses, mais pas dans tous les modèles. Il faut l’activer et il faut aussi que le patient soit très à l’aise avec la technologie pour arriver à se brancher de la maison et permettre l’accès aux appareils à l’audioprothésiste à distance. Amélie explique que ce n’est pas si « simple » que ça peut paraître. Les ajustements possibles peuvent aussi être plus limités qu’en personne et en deçà de la qualité offerte en clinique. La problématique est parfois multiple et les ajustements numériques ne règlent pas tout. Une visite en personne pour bien évaluer la situation (mise en place, bris, embout, etc) est souvent requise.
3 – Réduction du bruit par l’intelligence artificielle
C’est le « buzz » de l’heure, et les personnes malentendantes en seront bénéficiaires : l’intelligence artificielle est de plus en plus entraînée pour distinguer la parole du bruit ambiant. Toutes les grandes compagnies d’appareils auditifs dépensent énormément de temps et d’argent pour se démarquer des autres à ce niveau. Évidemment, ceci vient avec un coût.
4 – Directivité IA
Avec cette fonctionnalité, l’intelligence artificielle oriente automatiquement les microphones vers la direction où se trouve la parole utile, ce qui apporte plus de précision que les anciens systèmes manuels. Il faut quand même conserver des attentes modestes si on se retrouve dans une situation sociale avec beaucoup de monde autour, comme dans un 5 à 7, par exemple.
5 – Embouts sur mesure avec récepteur intégré et évents optimisés
Il existe maintenant des embouts auriculaires sur mesure avec récepteur intégré dans le conduit auditif et des évents optimisés acoustiquement, qui offrent de meilleures performances pour de nombreux utilisateurs d’aides auditives, à condition que votre audioprothésiste réalise une empreinte physique ou numérique de haute qualité de vos oreilles et utilise des mesures in vivo (donc en personne – “real ear measurement”) pour les programmer.
6 – Dôme EasyGuard
La compagnie Phonak a créé un nouveau type de dôme doté d’une membrane qui laisse passer le son tout en bloquant le cérumen et l’humidité, réduisant l’entretien sans nuire à la qualité sonore.
7 – Encapsulation
La compagnie Oticon a créé le modèle Oticon Zeal avec une technique de fabrication où les composants internes sont directement « encapsulés » dans le matériau extérieur, ce qui rend les appareils plus petits, étanches et robustes.
Précision apportée par Amélie Smith, audioprothésiste : le lancement au Québec est annoncé, mais pas encore effectué pour les prothèses Oticon Zeal. Le lancement a déjà été effectué ailleurs dans le monde.
8 – Résine de coques renforcées
La compagnie Starkey a créé une nouvelle résine de coque, un matériau beaucoup plus résistant pour les appareils et embouts sur mesure, limitant les risques de fissures ou de bris après une chute.
En conclusion, lorsque vous envisagez l’achat d’un modèle haut de gamme qui comporte des fonctionnalités aussi performantes que celles décrites précédemment, il est d’autant plus important de bien choisir son audioprothésiste et de vous sentir en confiance avec celui-ci.









