L’audition, la participation sociale et la qualité de vie

Anaïs Lessard

Par Anaïs Lessard, étudiante au doctorat en sciences de l’orthophonie et de l’audiologie à l’Université de Montréal 

Depuis ma maîtrise en audiologie, je travaille avec la Dre Adriana Lacerda du Centre de Recherche de l’Institut Universitaire de Gériatrie de Montréal (CRIUGM). Maintenant étudiante au doctorat en sciences de l’orthophonie et de l’audiologie, je poursuis mes recherches sur la presbyacousie (perte auditive liée à l’âge) et ses répercussions, non seulement chez les personnes malentendantes, mais aussi chez leurs proches.

 

Des aînés et leurs proches au cœur d’une étude

Notre équipe a recruté 86 personnes aînées ainsi qu’un proche de leur entourage pour un total de 172 participants. Les aînés ont été répartis en trois groupes selon leur statut auditif : audition normale, presbyacousie non appareillée et presbyacousie appareillée. Les proches ont été regroupés de façon correspondante pour un total de 6 groupes. 

Par téléphone ou en visioconférence, tous les participants ont répondu à des questionnaires évaluant leur qualité de vie et leur participation sociale. Ils étaient invités à réfléchir à différentes situations de la vie quotidienne, notamment sur les interactions avec autrui et leurs activités.

Les personnes aînées ont également complété un questionnaire sociodémographique et un test cognitif. Elles ont ensuite été accueillies au CRIUGM pour une évaluation audiométrique réalisée en cabine insonore. Finalement, elles ont eu l’occasion de s’exprimer librement sur ce que représentent, pour elles, la qualité de vie et la participation sociale ainsi que sur les répercussions de la presbyacousie dans leur quotidien.

Des impacts bien réels sur la communication et la qualité de vie

Les résultats démontrent que plusieurs personnes vivant avec une perte auditive éprouvent des difficultés à suivre les conversations de groupe. Cette condition peut les amener à participer moins souvent à certaines activités sociales, voire à les éviter. Par exemple, certains aînés ont mentionné avoir de la difficulté à suivre les échanges lors de rencontres entre amis, de rassemblements familiaux ou encore au cinéma. Plusieurs ont également rapporté devoir fournir davantage d’efforts pour comprendre les conversations, ce qui peut entraîner de la fatigue et de la frustration.

Nos résultats mettent en évidence des difficultés de communication plus importantes chez les personnes malentendantes, un impact sur leur participation sociale, un besoin accru d’accompagnement dans certaines activités de la vie quotidienne ainsi qu’un niveau plus élevé de handicap perçu, même lorsque des aides auditives sont utilisées quotidiennement.

Cette recherche me tient particulièrement à cœur, car elle met en lumière les effets souvent invisibles de la presbyacousie sur le bien-être, les relations et la participation sociale. En donnant la parole aux personnes concernées, nous pouvons mieux comprendre leur réalité et les défis qu’elles vivent au quotidien. Cela permet de sensibiliser la population aux conséquences de la presbyacousie, d’identifier des pistes pour mieux soutenir les personnes malentendantes et d’orienter le développement de services et d’interventions adaptés à leurs besoins. Les personnes qui s’engagent dans la recherche contribuent à faire avancer les connaissances et, ultimement, à améliorer la qualité de vie des aînés et de leur entourage.

 

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