Choisir son audioprothésiste

Par Angélique Cadic

Par Angélique Cadic

Je suis une malentendante française récemment installée à Québec. Je raconte mon parcours de renouvellement d’appareillage dans ce nouveau pays et je raconte celui que j’aurais suivi en France si j’y étais restée. Pour lire la 1ère partie, c’est par ici : https://auditionquebec.org/sourdine-express-temoignage-angelique-1/

Une fois le précieux rapport d’audition en poche, je commence à effectuer mes recherches pour trouver l’audioprothésiste qui saura m’équiper d’appareils performants. Ayant travaillé près de 10 ans comme assistante audioprothésiste, j’ai mes critères pour choisir le professionnel qui me conviendra. Et c’est de ça dont je vais vous parler dans cet article.

Bouche-à-oreille, proximité et confiance

J’ai la chance de compter dans mon entourage, une certaine Présidente d’une certaine belle association Audition Québec (ça vous dit quelque chose ? :)). Jeanne Choquette me recommande un audioprothésiste dont elle sait le professionnalisme. Je prends rendez-vous auprès de lui. J’ajoute deux autres centres d’audition dans ma liste. C’est le 1er critère que je recommandais à l’époque en tant qu’assistante audioprothésiste : rencontrer plusieurs professionnels pour pouvoir comparer les approches et les soumissions. Cela peut paraître un peu fastidieux de se rendre dans 3 centres différents mais vos oreilles méritent bien ça.

Le 2ème critère est la proximité du centre audioprothésiste par rapport à mon domicile ou mon lieu de travail. Je vais devoir me rendre régulièrement chez l’audioprothésiste, autant être proche physiquement. Alerte divulgâchement : je vais finalement choisir celui le plus éloigné de chez nous, mais je l’ai fait car il remplissait mon 3eme critère : la relation de confiance.

J’ai obtenu des rendez-vous rapides avec les deux centres de ma liste. Le dernier rendez-vous sera celui avec l’audioprothésiste recommandé par Jeanne. Le 1er centre est proche de chez moi. Je suis reçue rapidement. J’exprime mon souhait de renouveler mon appareillage en intra-auriculaire. Le professionnel tente de me convaincre de passer aux contours RIC plus adaptés à ma surdité et m’offrant plus de possibilités technologiques. Je le questionne sur les avantages techniques. Je reste un peu sur ma faim. Je ressors avec une belle brochure marketing présentant les 4 niveaux d’appareils avec des couleurs différentes (gris, bleu, vert, orange). Un morne gris pour les moins développés et des couleurs bien plus vivantes pour les modèles plus perfectionnés. Les différences entre les modèles ne sont représentées que par des symboles allant de 1 à 5. Par exemple, la clarté de la parole dans le bruit est représentée par le symbole d’une bouche : 1 bouche pour les modèles gris, 5 bouches pour les modèles orange. J’ai eu beau questionner le professionnel pour savoir en quoi le modèle orange était meilleur, je n’ai pas eu de réponse satisfaisante à mon sens.

Le rendez-vous suivant se passe à peu près dans le même état d’esprit. Je ne trouve pas de répondant face à moi pour me convaincre de mettre fin à 20 ans d’appareillage en intra-auriculaire et passer aux contours RIC. Là encore, je ressors sans plus de documents qu’une brochure généraliste de la marque privilégiée par le centre. Mes attentes sont donc élevées quand je rencontre le dernier audioprothésiste. Je me suis renseignée davantage sur les appareils contours RIC. Je questionne mon interlocuteur sur les progrès que je peux en attendre. Cette fois, l’expertise est au rendez-vous. Je me sens soutenue et ma surdité considérée. Je comprends les avantages techniques, les accessoires disponibles et coup de chance, le prix est moins élevé chez lui. Je décide de lui confier la difficile mission de renouveler mon appareillage. Il me répond, avec humour, qu’il se sent prêt à relever le défi.

En France, l’obligatoire devis normalisé et sa fiche technique

Si le déroulé des rendez-vous avec les audioprothésistes est assez identique ici et en France, j’ai été très surprise de ressortir de ces rencontres sans document « officiel » comme c’est devenu obligatoire en France. Depuis quelques années déjà, les audioprothésistes français sont tenus de respecter certaines normes en termes d’informations du patient.

« L’audioprothésiste est soumis à des obligations spécifiques en matière d’information du patient. Outre l’affichage du prix des produits et prestations à l’intérieur du local commercial, il est tenu de délivrer au patient un devis normalisé préalablement à tout achat d’aides auditives.

Le prix du produit et de la prestation d’adaptation indissociable rendue par l’audioprothésiste jusqu’à la fin d’utilisation de l’appareil doit figurer sur ce devis, qui comprend également des informations sur le tarif de remboursement de la Sécurité sociale ou sur les conditions de réalisation des essais.

Depuis le 1er janvier 2020, le contenu du devis a gagné en transparence. Celui-ci comprend désormais une offre « 100% santé » établie pour la délivrance d’aides auditives choisies dans un panier défini par l’Assurance maladie, ainsi qu’une autre offre aux tarifs libres. Le devis permet au patient de comparer les deux offres, expose le descriptif technique détaillé des aides auditives, précise les prestations rendues par le professionnel et informe sur le montant total du reste à charge.

Concomitamment au devis, une annexe détaillant le contenu de la prestation indissociable de l’appareil proposé ainsi qu’une fiche technique présentant les principales spécificités de l’appareil proposé devront être délivrées au patient. Enfin, une note détaillée reprenant les éléments d’information prévus par le devis ainsi que les informations permettant d’assurer l’identification et la traçabilité du produit devra également être fournie au patient. »

Source : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Publications/Vie-pratique/Fiches-pratiques/les-aides-auditives

L’objectif recherché par ces obligations est de permettre au consommateur de pouvoir comparer les prix et avoir une vision éclairée de la proposition d’appareillage du professionnel. J’avoue que cette transparence m’a un peu manqué de ce côté-ci de l’Atlantique.

Néanmoins, j’ai “écouté” mon instinct et j’ai choisi celui qui a su me mettre en confiance, répondre à mes questions avec expertise et honnêteté.

Bientôt, je vous parle des différences de prise en charge de l’appareillage entre ici et la France.

Partagez cet article avec vos proches !

Pour ne rien manquer, abonnez-vous à notre infolettre !

Aller au contenu principal